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Emergence du
désir, une psychanalyse est humanisante et libératrice…
La psychanalyse désigne une
expérience vivante entre une personne qui écoute, le psychanalyste (qui a
lui-même réalisé pour et sur soi-même une ou plusieurs psychanalyses
approfondies) et une personne qui parle, l’analysant.
De leurs expériences cliniques, certains psychanalystes ont tiré un
ensemble de considérations générales sur l’âme et sur l’être humain, qui composent
la théorie psychanalytique. Ses principaux élaborateurs sont Freud,
Ferenczi, Klein, Lacan, Dolto, Winnicott, Balint, Searles, Torok…
Toute démarche
psychanalytique se fonde sur une certaine conception de l’être
humain.
La nature humaine est multiple et
mouvante
L’être
parfait n’existe pas : l’humain est en devenir. Nous oscillons
tous, en permanence, entre amour et désamour, euphorie et déprime, enthousiasme
et indifférence, sympathie et antipathie, attirance et répulsion, positif et
négatif, bon et mauvais, etc.
Pour illustrer ce qu’est l’humain, Winnicott dit
justement : « l’eau est boueuse, mais ce n’est pas de la boue
».
L’être humain est à la fois femme et
homme
Comme le présente la Genèse (« Dieu créa l’être
humain à son image, homme et femme il le créa »
), Freud
a posé comme constitutive de l’être humain ce que l’on appelle la "bisexualité
psychique". Cette expression renvoie à la présence en chacun de nous, quelle que
soit sa nature physique unisexuée, d’éléments de féminité, regroupés sous le
terme de féminin, et d’élément de masculinité, regroupés sous le terme de
masculin.
L’une des visées
d’une cure psychanalytique est la réalisation d’un équilibre, d’une harmonie intérieure
entre ces deux aspects complémentaires de notre personnalité.
Le désir est le signe de l'humain
Toute psychanalyse vise
à libérer en chacun son désir le plus profond, son désir vrai, qui à
la différence des besoins dont la satisfaction ne peut pas être différée
longtemps (boire, manger, dormir …), s’inscrit dans un cycle long faisant intervenir
la rencontre et l’échange avec l’autre, avec les autres.
Ainsi, le désir - qui n’est
pas la pulsion - est moteur de lien social, en ce qu’il est avant tout un désir
de connaissance, donc de rencontre subtile avec l’autre humain. Il est de ce
fait désir de créativité, car le désir est infini, nous dépasse et nous pousse
plus loin dans notre humanité, dans notre qualité d’être.
Les interdits fondateurs de l’éthique
humaine
Si l’on croit, à la suite de
Françoise Dolto, que le désir premier et primordial de l’être humain est le
désir d’évolution, on peut avancer que :
-
tout ce qui nie ce désir est inhumain ,
-
tout ce qui renverse ce désir est pervers
,
-
tout ce qui contrarie ce désir est pathogène
.
La psychanalyse aide à
sortir des impasses liées au non respect du désir de vie.
Par conséquent, pour la psychanalyse,
l’éthique humaine repose sur cinq principes qui découlent de ce respect
de la vie :
1. l’interdit de l’inceste (et
de l’abus sexuel sur l’enfant, ou sur le patient),
2. l'interdit de cannibalisme
(dévoration, parasitage, vampirisme) 3.
l’interdit de meurtre
(tant physique que psychique, torture, harcèlement...), qui sont les interdits majeurs de toute
civilisation ;
4. l’exigence de non possession
(emprise, manipulation, phagocytage, utilisation de l’autre…), 5.
l’exigence de non mutilation
(physique et morale), qui signent le
degré d’évolution d’une société.
A cela s’ajoute le respect de la quête fondamentale de tout être humain qui
consiste en une recherche spirituelle, prenant pour chacun(e) une forme très personnelle
et spécifique (par exemple, "donner du sens à sa
vie"...).
L’être
humain est posé comme un être libre de son existence, responsable de ce qui fait
vie et humanité, en lui-même et en chacun de ceux qui l’entourent, quels que
soient leur race, leur religion, leur philosophie…
Saverio
Tomasella
(c)
CEM
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