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Devenir psychanalyste
La pratique de la psychanalyse
ne s’autorise en rien du moindre savoir ou d’une quelconque
théorie. Elle s’appuie sur l’exploration singulière
de l’inconscient, les découvertes personnelles et la connaissance
intime développées, puis mûries, au cours de sa propre
psychanalyse, assimilable à aucune autre.
Elle requiert du praticien l’engagement à
accueillir l’autre humain, à parité, dans sa
globalité, comme personne complète et en évolution, dans
le plus grand respect de sa subjectivité, de son histoire et de son
désir. Cet engagement est d’ordre éthique. Il implique une alliance entre les deux participants
à l’effort de recherche sur l’inconscient.
Nous métamorphosons la difficulté, la douleur
ou l’écueil en connaissance.
Au fil de l’expérience, nous développons cette
capacité à la transformation. L’écoute active durant
chaque séance se fonde sur cette implication à donner du sens et
à créer du nouveau.
Ecueil majeur à la connaissance, la question de la
perversion rejoint celle de la complicité :
une complicité qui prend d’abord appui sur des manœuvres
visant à faire naître (ou croire à) une certaine (fausse) intimité, artificiellement
crée par la fascination, la manipulation et la séduction.
Un rapport de dissymétrie est induit pour mettre
la main sur l’autre. Ce rapport vise à établir une ligature
d’emprise avec autrui, mis à la place d’une chose pour
assurer sa jouissance, que celle-ci soit directement sexuelle, ou qu’elle
se situe dans la sphère du pouvoir ou du savoir…
Au contraire, séance
après séance, pour que les élaborations psychiques
puissent avoir lieu, il s’agit de maintenir l’espace de la
relation, dans la dimension de l’âme, du symbolique et du subtil.
Saverio Tomasella
Mars 2007
Repères
pour une pratique éthique
« Le chemin humain se structure
en référence aux lois symboliques qui,
intériorisées, deviennent un mode d’être à
l’autre, fondé sur le ressenti, antenne de la fonction de
discernement donc de pensée.
Désirer implique une posture proche
du silence, au sens d’attitude intérieure d’ouverture.
L’élan ne peut devenir
désir que dans la rencontre avec autrui.
La souffrance est un rappel de
l’existence de l’âme dans un milieu qui la dénie.
L’inscription de
l’éthique est si puissante dans l’inconscient qu’elle
ne peut être que
-
honorée,
-
effacée c’est-à-dire
refoulée,
-
ou retournée en son
contraire par inversion, dans le cas de la perversion.
Ce récit nous fait vivre le
douloureux passage de l’enfer - provoqué par l’annulation du
sujet dans la perversion - au monde symbolique propre à l’humain.
Avec l’analyste le patient va pouvoir
vivre l’expérience de la curiosité désirante de
l’autre, allant de pair avec un désir de laisser place à
son initiative de sujet. C’est ce soutien dans le subtil qui va donner au
patient le courage, né de la perception, de s’aventurer sur ce
chemin, non sans doutes et hésitations.
L’aspiration à connaître
l’être profond de l’enfant invite celui-ci à se
révéler : de même l’attention soutenante
de l’analyste sollicite le guide intérieur du patient à se
manifester.
Le don est symbolique,
c’est-à-dire un don de conscience qui, en fait, est un apport
d’énergie, ajout de connaissance, processus d’ouverture et
contact durable avec un autre niveau de conscience.
L’inceste vise à provoquer
l’écrasement du subtil dans le substantiel, là ou la
substance devrait se retirer pour laisser place à
l’émergence du subtil : cet écrasement tente même de
réduire l’enfant à de la matière.
La rencontre peut se faire sous forme de
vision intérieure.
Les grands enseignants ou chercheurs de
l’humanité sont dans cette dimension de la vision. C’est une
capacité humaine qui se constitue avec l’évolution
personnelle. Peuvent alors se mettre en place devenir, recherche et transmission. »
Chérifa Amara,
Marie Claude Defores,
Yvan Piedimonte.
(Extrais de la préface
au Journal d’une psychotique
éveillée, Aviva, Publibook, 2007.)
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