L’unité duelle
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Notion travaillée par Nicolas Abraham et Maria
Torok dans L’écorce et le noyau et reprise à la journée d’étude de
l’association qui a eu lieu en octobre 2007 à Paris.
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L’unité duelle est l’unité originaire mère-enfant, c’est la séparation incluse dans le non séparé
ou l’illusion d’être un à deux.
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Cette notion part d’un paradoxe : les deux
partenaires portent la place d’un seul manque : celui de la mère. Si à
l’enfant manque la mère, à la mère à son tour c’est encore la mère de l’enfant
qu’elle était, qui manquera. Nous sommes tous des mutilés de mère.
Cas de Morgane :
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Dans un centre pour nourrissons, deux
consultants reçoivent une mère et son bébé. Le psychanalyste sollicite le
discours du parent tandis que le co-consultant est disponible aux mouvements du
bébé.
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Il apparaît clairement qu’il existe un lien
entre le discours de la mère et le comportement du bébé du fait de l’accordage
émotionnel. Cet accordage est possible grâce à ce que Winnicott appelle la
« folie maternelle primaire ».
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Cette période d’hypersensibilité de la mère
lui donne accès à sa propre histoire infantile et par rebond influe sur
l’organisation psychique de son enfant.
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Morgane a 2 mois, il ne sollicite pas sa
mère, elle dit de lui qu’il est toujours fatigué et l’invite souvent à dormir
comme une injonction à ne pas exister en séance. Cette femme est déprimée.
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La conception de l’enfant est un accident,
son partenaire n’en voulait pas. Pourtant la mère refuse d’avorter et se sent
en conflit de choisir entre son partenaire ou cet enfant.
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A ses 20 ans, fut révéler l’identité de son
vrai père (son oncle) ce qui confirme sa sensation d’être le vilain petit
canard car elle a grandit dans un interdit de savoir ce que tout le reste de la
famille savait.
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La mère de morgane répète à son insu le
traumatisme et reprend à son compte l’attitude maternelle. Sa propre mère
l’envahit encore et interfère dans sa relation à son bébé dans le sens ou elle
ne peut s’ajuster à ses besoins.
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Le processus thérapeutique va permettre une identification
empathique du bébé avec le co consultant qui devient
support du moi de l’enfant. Les nouvelles acquisitions reconnues par un tiers
permettent au bébé de solliciter avec plus de force sa mère. Progressivement la
mère adopte une nouvelle attitude, prend plus de plaisir à répondre à son bébé
et dira enfin «je t’écoute » sans se sentir dépossédée de son temps.
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Les thérapeutes travaillent sur l’unité
duelle. Le but thérapeutique est de rompre le processus d’incorporation de la
souffrance maternelle et de rendre la disponibilité psychique de la mère.
L’écoute analytique soutient la représentation des souffrances inconscientes et
relance le processus d’introjection.
Ainsi le mouvement psychique de la rencontre peut reprendre.
Christine Paquis
Présentation au séminaire du 13 novembre
2007.