Maria Torok devient psychanalyste en 1959, après des
études de psychopédagogie et une expérience de
psychothérapie en école maternelle. En 1963, elle met en
évidence l’importance des sensations érogènes de la
petite fille dans la découverte de son vagin, révisant et
complétant la notion freudienne de « l’envie du pénis
» chez la femme...
Dès
la fin des années 1950, Maria Torok et son compagnon psychanalyste
Nicolas Abraham ont élaboré de nouvelles notions qui ont enrichi
la psychanalyse :
- le
« refoulement conservateur » crée et maintient un schisme au
sein de la personnalité pour tenir à l’écart la
mémoire d’une expérience particulièrement
éprouvante ;
- le
« fantôme transgénérationnel
» désigne un « secret de famille transmis involontairement
d’une génération à l’autre » et plus
généralement le travail psychique induit en soi par le secret
d'un proche ;
- la
« maladie du deuil » se réfère au deuil
entravé ou impossible d’un proche fortement investi ;
- le
« fantasme d’incorporation » consiste en une indentification
inconsciente massive, sous forme d'appropriation magique, hallucinatoire, d'une
personne fortement investie par le sujet avant sa disparition ou la rupture du
lien ;
- la
« crypte » est un vécu impossible à reconnaître
et à avouer, enterré en soi, souvent un secret libidinal
entaché de honte.
«
La conception de la psychanalyse de Nicolas Abraham et Maria Torok étend
à toute la vie les possibilités de remaniements psychiques, ce
qui réduit relativement la place des conflits et des refoulements
instinctifs de l’enfance, tout en augmentant celle des catastrophes,
individuelles et collectives, qui surviennent à tout âge. »
(Claude
Nachin, ''A l'aide, y'a un secret dans le placard'',
Fleurus, 1999, p. 61)
De
nombreux psychanalystes contemporains s’appuient sur les avancées
de Maria Torok et de Nicolas Abraham pour continuer à développer
une clinique psychanalytique inventive, à partir des questions du
traumatisme, des deuils impossibles, des secrets ou de toutes les formes de transmissions
inconscientes entre les générations. Parmi eux, se trouvent par
exemple Lucien Mélèse, Claude Nachin, Serge Tisseron...
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