ADDICTION
Tu fumes, tu bois, tu baises,
Tu coures, tu bosses comme un taré
Tu crois que tu te remplis d’aise
Tu penses ne jamais t’arrêter
Y’a rien de vivant dans ce que tu fais
Y’a rien qui existe, n’existe que ton vide
En fait, tu vas vite pour ne pas te voir
En fait, c’est ta seule façon de
t’entrevoir
Et si tu t’arrêtais, maintenant,
Et si tu regardais, tu prenais ton temps
La tu sentirais au fond de ton corps
Ce gouffre que tu ignores
Tu te mens depuis combien de temps
Ton monde, tu ne le crois même pas
Et tout ceux qui sont autour de toi
Souffrent de te voir consumé par le temps
Toi qui tous les jours va derrière internet
Pour bouffer du porno, des rencontres, du
net
Toi qui tous les jours va courir dans les
bois
Te taper des bornes, échapper à toi
Toi qui picole trop pour oublier,
quoi ?
Ta misère, pourquoi ne changes tu
pas ?
Toi qui passe ta vie à consommer de tout
Sans choix, sans critique, sans valeur du
tout
Tu te mens depuis combien de temps
Ton monde, tu ne le crois même pas
Et tout ceux qui sont autour de toi
Souffrent de te voir consumé par le temps
Je sais, c’est difficile de se voir
autrement
Je sais c’est difficile d’arrêter son temps
Mais essaie, au moins de temps en temps
De regarder plus loin, de penser aux
enfants
T’es pas bien dans ta peau, et tu le sais
très bien
Tu refuses de changer, parce que se
regarder
Est si difficile, surtout si l’on s’y tient
Mais tu vois maintenant le monde s’éclairer
Regardes au fond de toi, et tu verras peut
être
Fouilles dans tes tripes et tu sentiras
être
Cet être profond, sensible, tout en amour
Qui n’a plus qu’à s’ouvrir, pour enfin voir
le jour
Je sais, c’est difficile de se voir
autrement
Je sais c’est difficile d’arrêter son temps
Mais essaie, au moins de temps en temps
De regarder plus loin, de penser aux
enfants
Ton truc, c’est une maladie
Pernicieuse et cruelle, elle est bien
installée
Pour s’en défaire, accepte de pleurer
Mais tu verras, pleurer cela guérit
N’aies pas peur de l’abandonner
N’aies pas peur de l’oublier
Tu verras que plus tard, tu pourras
t’envoler
Vers l’amour, le bonheur, le désir d’aimer
Tu verras que cette merde qui ressurgit
souvent
N’est en fait que poussée que par un petit
vent
Tu reconnaîtras en toi force et générosité
Les seules choses qui donnent la vérité
Enfin tu pourras te promener tranquille
Avoir les larmes aux yeux, te sentir
fragile
Ton corps, ta peau, ton cœur ne faisant
plus qu’un
Tu pourras enfin rester avec les tiens
(Un homme de 47 ans.)