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" L’individu incrimine chez autrui ce qui lui répugne, le déstabilise ou l’indispose le plus (en) lui-même. La désignation d’un éventuel défaut dépend du référentiel d’origine (familial le plus souvent).

Les défauts ne sont pas innés, ils sont induits par l’environnement selon certains schémas : l’éducation (…) ; la religion ou une « philosophie » (…) ; les déséquilibres des parents…

Faire le tri entre les défauts réels et les défauts imaginaires nécessite un long et honnête travail d’introspection (…). Il s’agit d’abord de repérer le rôle auquel l’enfant s’est plié pour faire face à ses difficultés existentielles (…) ou à quel rôle il s’est tenu pour se faire accepter. "                    

 

 

Vivre en relation, Gilles Pho & Saverio Tomasella, Eyrolles, 2006.
 
Vivre en relation

Vivre en relation

 

Interview du 21 septembre 2007 sur Radio France (Lorraine)

 

1)      Qu’est-ce qu’une mauvaise relation ?

-         Un lien qui génère du malaise, du malheur ou de la maladie.

-         Un rapport fermé ou enfermant, figé ou mécanique, monotone ou terne.

-         Lorsqu’il est possible de repérer une souffrance répétée, une douleur de fond, une détresse récurrente, une tristesse durable.

-         Un rapport qui exclut artificiellement tout conflit ou au contraire qui ne fonctionne que sur du conflit.

-         Bien sûr, au pire : abus, dépendance et emprise sont le signes d’un absence de vraie relation ou d’un lien toxique.

Sans en arriver là, il est possible de se demander si le, rythme de l’autre ou de la relation est compatible avec mon propre rythme. Est-ce que je préserve l’essentiel ? Est-ce que je me respecte ? Suis-je dans mon désir et dans mon mouvement ?

 

2)     Comment repérer ce qui ne va pas ?

Il s’agit de s’exercer au discernement. Discerner, c’est faire le tri entre ce qui est juste et ce qui est faussé. Il s’agit de s’appuyer sur ses ressentis (sensations, émotions, sentiments) et non sur ses croyances ou ses préjugés.

Qu’est-ce que je sens, que je perçois – concrètement - dans cette relation ?

Il est utile d’essayer de mettre chaque relation en perspective…

-         Dans son histoire. Est-ce que cette relation ressemble à une autre ? Comment était-ce avant cette relation ? Comment est-ce depuis, pour moi ?

-         Par rapport aux autres relations (de la même période). Chercher des repères, des points de comparaison. S’il existe des constantes, elles sont à interroger et comprendre, car elles viennent de moi, de ce que je mets dans chacune de mes relations.

 

3)     Comment s’en sortir ?

-         Accepter de vivre, même longtemps, sa propre solitude. Apprendre à se connaître et à faire face à la réalité. Qui suis-je ? Où en suis-je ?

-         Sortir de la dualité : bien, mal ; tout blanc versus tout noir. Accueillir la complexité et se recentrer (revenir à soi). Qu’est-ce qui m’arrive à moi, là ? Qu’est-ce que j’attends ? Qu’est-ce que je crois ?

-         Etre clair, ferme, honnête. Se déterminer (choisir vraiment).

§         Dire de vrais « oui » ou de vrais « non ».

§         Affirmer ce que je veux ou pas.

§         Se séparer (créer de la distance, un espace).

§         Se développer soi-même (ne plus s’en remettre à l’autre, mais se reposer sur soi pour se déterminer).

 

Saverio Tomasella, © CEM 2007.